Balades en long, en large, en travers, et en hauteur
20 Juillet 2017
Sommet emblématique et très grosse journée au programme !
On fera plus de 1950 mètres de dénivelé positif, et bien sûr autant à la descente pour finir de se casser les pattes... avec plus de 25 km en linéaire !
On n'était pas partis pour faire tant... mais notre topo n'est pas à jour, et la piste sur laquelle on comptait pour s'approcher et gagner de l'altitude est maintenant fermée à la circulation. Résultat on perd plus de 2 heures pour trouver une alternative de départ correcte, ce qui est rendu plus ardu par l'absence de carte pour ce secteur un peu excentré des Dolomites (le fond de carte de notre GPS est très imprécis) ; à ce temps perdu s'ajoutent presque 600 mètres de dénivelé supplémentaires, ainsi qu'une bonne distance car on a préféré s'éloigner pour gagner un peu d'altitude. Au final on démarre à 10 heures du matin, bien tard, pour une course largement plus conséquente que ce que l'on prévoyait.
Malheureusement ce ne sera pas la seule contrainte extérieure de la journée, qui s'annonçait magnifique. La Civetta, fidèle à sa réputation, accroche tous les nuages comme un aimant. Et la météo est nettement moins agréable que prévue. On est heureusement extrèmement rapides, et on fait l'approche à une vitesse incroyable, laissant sur place les innombrables randonneurs qui montent jusqu'au refuge Coldaï. A partir de là on se retrouve seuls dans la montagne. Malheureusement des orages grondent en début d'après midi, alors que nous sommes depuis déjà longtemps englués dans les nuages. Lorsque le tonnerre se rapproche nous finissons, avec beaucoup de regrets, par renoncer. De toute manière on ne voit plus rien depuis longtemps. Nous redescendons, mais décidons cependant d'interrompre un moment cette descente pour voir comment ça tourne ; de toute manière la journée est foutue, autant traîner. Et miracle, après 2 heures d'attente et alors qu'on décide définitivement de rentrer, un coup de vent balaie les nuages et nous laisse fugitivement apercevoir, bien loin au dessus de nous, le sommet de la Civetta. Nous n'entendons plus d'orages depuis un bon moment... banco, on remonte ! C'est très dur psychologiquement, alors qu'on a choisi d'arrêter, et qu'on a déjà plus de 1000 mètres dans les pattes ; Quentin a perdu tout son élan, alors que compte tenu de l'heure maintenant très tardive il faut absolument garder un gros rythme de montée, d'autant qu'on ne sait pas comment va évoluer la météo. Finalement, grâce à l'énergie des fruits secs, et surtout après avoir dépassé le point où nous avions choisi de redescendre, on retrouve notre rythme, et à partir de là ça ne mollit plus. Les nuages sont revenus mais on montre très très vite, et on espère que l'arête sera dégagée. Pari gagné ; c'est bien la Civetta qui fait barrière et arrête les nuages ; de l'autre côté c'est plus clair. On gagne aussi rapidement que possible le sommet où l'on ne s'attarde pas. La descente est bien loin d'être une partie de plaisir, très "casse-gueule" jusqu'au refuge Torrani, où le gardien nous informe que malgré le mauvais temps il n'est pas seul. Heureusement à partir de là nous trouvons des cables, qui nous guident à travers les nuages, et surtout limitent l'exposition car maintenant il pleut sans discontinuer. La pluie devient forte et rajoute une ambiance très "haute montagne" ; il nous reste encore plus de 1500 mètres à redescendre !
La pluie s'arrête à peu près lorsque nous arrivons au bas des plus grosses difficultés, et le ciel se dégage complètement. La suite n'est plus qu'une formalité, mais on commence à avoir les jambes bien cassées. Le chemin du retour est long, il faut longer toute la face de la Civetta, jusqu'au refuge Coldaï, d'où il nous reste encore une belle descente. On arrive au refuge à la nuit, à 21h, et coup de chance ils n'ont pas fermé les cuisines et acceptent de nous faire manger ! On s'inquiétait beaucoup, maintenant que tout danger était écarté, des faibles probabilités de trouver encore un restaurant ouvert dans la vallée à cette heure là pour se requinquer. On expédie rapidement, mais avec beaucoup de plaisir, le repas ; et la descente, mal éclairés à la frontale et avec le téléphone portable, parait bien longue et bien difficile dans les caillasses.
Le lendemain ce sera grasse matinée, bon resto, et récupération toute la journée ! On en profite pour aller faire la lessive à Alleghe, et découvrir le lac que l'on dominait depuis le sommet, ainsi que pour réparer les chaussures de Quentin.